Un roman d'aventures entre actualité et fiction.


Vicilisation - La Chute - Tome 1Vicilisation - "La Chute " est un roman d'aventures se déroulant de nos jours.
La crise économique s'aggrave, les tensions sociales, religieuses et les attentats se multiplient, le monde occidental vacille, puis s'effondre brusquement.

Les villes en proie aux pénuries et aux émeutes sont les premières touchées.

Jacques, un jeune architecte parisien jeté sur les routes de l'exode, tente de survivre à l'impensable.

Son errance spectaculaire au travers d’un monde qui sombre dans l’anarchie lui révèle ce que beaucoup n’auront pas l’occasion de voir : le crépuscule d’une civilisation.

Pourtant, au milieu des doutes et de la violence, un fragile espoir semble renaître...

Jusqu’où ira-t-il pour le défendre ? Que sera-t-il capable d’accomplir pour émerger de ce chaos ?

Et vous, que feriez-vous ?

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vendredi 10 avril 2020

Apprendre à vivre avec l´incertitude ou secrètement espérer continuer à acheter des certitudes ?

Est-ce un effondrement temporaire ou durable ? Les nombreuses interrogations à ce sujet révèlent aussi en arrière-plan un questionnement existentiel sur le futur format de l´après-crise alors que certains fondements philosophiques et sociétaux sont bousculés, levant le voile sur d´autres possibles. 


En d´autres termes, si cette crise est temporaire, allons-nous reprendre notre vie « comme avant » et continuer à tranquillement acheter des certitudes dans un monde plat et balisé par l´ordre mondial ? Continuerons-nous à faire des compromis notamment sur nos libertés, nos choix et sur l´impact de notre consommation sur la planète ? C´est le prix que nous étions (in)consciemment prêt à payer pour aplanir les incertitudes et évoluer avec un horizon temporel long, rassurant et relativement prévisible, dont nous ne pouvions cependant pas feindre d´ignorer la létalité sur le long terme. 

Ou bien allons-nous devoir (sur)vivre dans une crise durable, un nouveau monde dont les contours ne sont pas encore bien définis, mais dont l´incertitude et la liberté de repenser seront les principales caractéristiques ? Combien seront capables de s´en accommoder ? Car si les aléas sanitaires, économiques, financiers... continuent à se renforcer, nous ne pourrons plus avoir un horizon temporel "plat" et prévisible, et nous passerons dans une logique de court terme permettant de progresser de crêtes en crêtes.

Avec cette crise globale du Covid-19, nous passons, bien malgré nous, d´un paysage connu de plaines à perte de vue, à un paysage montagneux se découvrant derrière chaque escarpement. Notre tendance naturelle pour les habitudes pourrait nous faire regretter le compromis des plaines, offrant une vision à 360 degrés sur le monde environnant, à celui d´un monde à découvrir fait d´horizons plus proches, mais offrant peut-être plus d´élévation, de liberté et de sens… 

Nous expérimentons déjà la contraction de l´espace et du temps. Sans les avions, le monde s´est rétracté devenant moins accessible d´un simple vol low-cost. Se déplacer d´un point à l ´autre de la planète n´est plus aussi simple qu´auparavant et sera sans doute compliqué (et coûteux) durant un moment.

Le temps, lui aussi est impacté. En quelques semaines à peine, nous sommes passé de la planification à moyen ou long terme, à la prise de décision à court terme et à la navigation à vue pour tous. Sans conviction et imagination, il devient compliqué de faire des plans se déroulant sur de longues périodes, alors que notre modèle est notamment basé sur la gestion d´aléas acceptables. Le capitalisme tout entier est conditionné par l´espérance de gains futurs dans un mode plat et contrôlé. Si personne n´est capable de prévoir le monde de demain, qui va risquer d´accompagner la moindre initiative ? Supprimer la certitude, ce n´est pas seulement supprimer nos prochaines vacances d´été à Paimpol les Oies ou à Disneyland, c´est surtout priver nos gigantesques infrastructures de leurs fondamentaux basés sur la prévision. Je ne parle pas ici de l´anticipation de la simple commande massive de masques, de sur-blouses et de respirateurs, je parle de l´incapacité fondamentale de notre modèle à évoluer en l´absence de certitude, même psalmodiées.

La mondialisation montre ici ses limites. Une OMS réduite à comptabiliser les morts sur une belle carte interactive, mais incapable d´assumer son rôle de prévention, d´information, de préparation et de coordination que l´on attendait d´elle. Une Europe, mettant des semaines à coordonner ses membres récalcitrants et décidant finalement en désespoir de cause de faire "Tapis" en injectant 500 milliards d´euros dans le tonneau des Danaïdes. Des Banques Centrales contraintes d´alimenter, elles aussi, le monstre hurlant pour tenter de calmer ses spasmes terminaux sans pouvoir vraiment se poser la question de sa pertinence. Mais que faire d´autre, à part poursuivre la logique jusque dans ses ultimes retranchements ? Voilà le spectacle auquel nous assistons, alors que les saintes alliances globales se délitent rapidement, que des chaînes de production mondialisées se retrouvent sans pièces et que les complémentarités du profit et de la délocalisation s´évaporent. 

Nous passons d´un modèle global en expansion du fait de la profusion des options sur étagère, à un nouveau paradigme qui pourrait être local et en contraction par nécessité et réduction massive des alternatives. Une sorte de mouvement de l´histoire répondant aussi aux lois de la physique élémentaire énonçant qu´un phénomène d´expansion est suivi d´une contraction. Une sorte de « Big Crunch » cosmologique démontrant qu´une expansion ne peut pas être infinie et qu´elle est toujours suivi d´un mouvement de contraction, suivi de nouveau d´une expansion, et ce, sans doute de manière infinie. L´humanité échapperait-elle aux règles de l´univers ? Du fait de son indéniable supériorité intellectuelle, serait-elle au-dessus des lois d´une nature sifflant la fin de la récréation avec un simple virus de quelques microns ? 

Je ne pense pas, alors n´ayons pas peur des découvertes qui se profilent, n´ayons pas peur de ce risque, versus opportunité. L´opportunité de réinventer face aux dangers, versus accepter moins de liberté en contrepartie d´un illusoire et parfois superflu confort. Observons ce que le monde global en expansion va bien pouvoir inventer pour tenter de freiner sa chute vers l´inéluctable local.


Gageons que l´avènement de ce local forcé, voulu par certains et subi par d´autres, permettra néanmoins de réinventer une expansion raisonnée, non pas sur une néo-ruralité idéalisée, mais sur un modèle hybride prenant le meilleur des deux paradigmes. Alors, est-ce que ça va durer ?

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samedi 7 mars 2020

Nouvelle édition

A l´occasion de la sortie de Vicilisation "La Chute" traduit en anglais en mai 2020, les couvertures de la version française et anglaise ont été synchronisées et ornées d´un "Tome 1",  annonçant la sortie du tome 2 pour l´année prochaine.

mercredi 31 juillet 2019

Charles SANNAT - INSOLENTIAE à propos de VICILISATION

Merci à Charles SANNAT pour avoir mentionné le roman "Vicilisation - La Chute" dans sa chronique "L'effondrement a déjà commencé" du 26 juillet 2019 sur Youtube.

"Insolentiae", Charles Sannat à propos de "Vicilisation - La Chute"

Ils sont nombreux à prédire un effondrement. Sera t-il partiel ? global et systémique ? progressif ? brutal ? nul ne le sait en fait. L´effondrement est en cours, il est déjà visible, mais répondre aux questions "quand" et "comment" relève de la futurologie.

Aujourd´hui les Banques Centrales soutiennent l´illusion d´un modèle basé sur le dogme de la croissance sans fin en créant une dette absolument irremboursable (afin d´échapper au surendettement !).

Nos choix de vie (et de consommation) créent de plus en plus de conflits énergétiques, alimentaires et environnementaux. A leur tour ils alimentent des tensions politiques, culturelles, migratoires et religieuses. Et comme Charles le décrit souvent, ce n´est sans doute pas le "progrrrèèèès" qui nous sauvera de la raréfaction des principales ressources sur lesquelles nous sommes en équilibre précaire. Coupez l´electricité, le pétrole et fermez les supermarchés. Que se passera t-il ?

Il faudra faire face à des crises locales et globales. Elles réduiront les options, elles limiteront les choix et contraindront nos marges de manoeuvre. Comme souvent dans l´histoire de l´humanité des  pans entiers de l'économie disparaîtront, des zones géographiques seront affectées, des populations déplacées. 

"Vicilisation - la Chute" aborde le thème de la résilience, de la soutenabilité et de la refondation suite à un effondrement. Comment allons-nous anticiper et préparer cet effrondement ?
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dimanche 25 novembre 2018

Les Gilets Jaunes, symptôme d´un modèle à bout de souffle ?

Ecrit en 2011, "Vicilisation - La Chute" est un roman d'anticipation politique et sociale décrivant l´agonie de notre modèle sur fond de crise financière mondiale.

Le terme "Gilets Jaunes" y apparaît dès le premier chapitre. Dans le roman, ils sont l'un des nombreux symptômes d'un mal plus profond, un révélateur de fracture et de manque de lisibilité des projets politiques.

Extrait:

"Arrivé à La Défense, il contourna un barrage de manifestants bloquant un autopont avec des pneus en feu. Le rituel se répétait inlassablement depuis des mois, jusqu’à ce que les CRS délogent les "gilets jaunes" à coup de matraque et de gaz lacrymogène. 

Comme ils n’avaient  plus rien à faire, les "gilets jaunes" allaient plus loin, et recommençaient une nouvelle partie de cache-cache urbain... Il y avait souvent des blessés, voire des morts, d’un côté comme de l’autre, mais désormais, cela faisait à peine quelques images pour les 20 heures trop occupés à parler de produits du terroir, du dernier gagnant de la super cagnotte ou des prochaines vacances au soleil à des Français qui ne pouvaient plus se le permettre." 

Cliquez ici pour la suite...

Le "Gilet Jaune" tout le monde doit en avoir un dans sa voiture, c´est la loi. Cette obligation légale devient signe de ralliement, visuel et économique, serait-ce le nouveau bonnet phrygien des révolutionnaires ?

jeudi 26 novembre 2015

Exporte démocratie contre terrorisme...

C’est notamment sur les ruines laissées par les américains en Irak à partir de 2003 avec l’opération « IrakFreedom », puis dans les désordres savamment attisés des « Printemps arabes » et enfin dans les guerres de Libye, de Syrie et d’Afghanistan (de 2001 à 2014 avec l’opération « Liberté Immuable »), et dans tout ce que la coalition occidentale conduite par les USA a semé comme chaos dans le monde arabe que nous récoltons aujourd’hui des désordres en Europe.

Certes, le terrorisme existait avant, mais pas dans de telles proportions. Attentats, insécurité, crises humanitaires, tensions diverses, migrants… Ne pensez-vous pas que la majorité des gens préfèrent vivre en paix dans leur pays, plutôt que d’aller mendier chez les voisins et risquer leur vie en traversant la méditerranée dans des coques de noix ?

Mais la nature a horreur du vide, et les abysses créés ont donc été occupées par une internationale djihadiste en Irak, en Libye et en Syrie, privés totalement ou partiellement, de leurs infrastructures et de leurs dirigeants historiques jugés comme "mauvais" et/ou appartenant à "l'axe du mal". L'Amérique, nation manichéenne, autoproclamée gardienne de la démocratie, a préféré laisser des religieux prendre la place de dictateurs et a favorisé le renforcement d’un nouvel ennemi, sans lequel elle a décidément du mal à exister (on en viendrait presque à regretter la bonne vieille époque de la guerre froide). Deux générations de cow-boy, les Bush père et fils pour ne pas les nommer, ont volontairement dévasté la région au prétexte d’exporter la démocratie le chaos dans ces pays lointains en n'hésitant pas à présenter de fausses preuves au monde entier, comme pour la guerre d'Irak.

Libye - Avant - Après
C'est notamment dans ce terreau qu'un nouveau genre de terrorisme s'est développé et s'exporte, comme la "démocratie" a su si bien le faire... Si désormais l’EI, nous est présenté comme un état à part entière, organisé, structuré avec une capitale et des ministères, c’est parce « qu’on » la laissé prendre ses aises, massacrer les minorités, développer son idéologie mortifère, raser des sites archéologique et c’est aussi parce que certains pays consommateurs lui achètent du pétrole à pas cher et que cette manne financière, estimée entre 1,2 et 3 millions de dollars par jour, va au paiement des troupes (300 euros/jours par combattant) et à l’achat d’armes, vendues par qui ? Par ceux capables d'en produire... La France a aussi vendu des armes aux rebelles Syriens dès 2012avant que certaines ne tombent dans de mauvaises mains, oops !

Dans l’urgence qui est la nôtre, il faut évidemment traiter les symptômes visibles sur notre territoire, mettre hors d’état de nuire les menaces identifiées (et toutes ne le sont pas), expulser ceux qui peuvent l’être et contenir la contagion au travers d’actions militaires dont le périmètre devrait toutefois rester limité.

En effet, il importe surtout de traiter les causes structurelles moins visibles qui ont permis l’émergence de ce monstre protéiforme insaisissable qu’est l’EI. Nous sommes dans une « guerre asymétrique » contre un ennemi diffus qui n’est pas qu’en Irak et en Syrie. A part quelques drapeaux sur des pick-up ou au sommet d’une colline, nous n’avons pas affaire à une organisation qui a les moyens d’afficher des cibles aussi visibles.

Dans le chaos actuel, vue du ciel, quelles sont les capacités de la France a identifier des cibles indépendamment de celles que nous fournissent les USA ? Si cela est avéré, pourquoi ne bombarde t-on pas nous aussi les convois de camions citerne transportant du pétrole hors de Syrie au travers de la Turquie (!) tels que décrit par le Président Poutine dans une conférence dont on n'a pas entendu parler dans les médias mainstream ?

Il suffit de connaître un peu l'histoire pour savoir que cette offensive "conventionnelle" n’aboutira pas aux résultats escomptés comme le prouvent l’ensemble des opérations militaires internationales conduites dans la région depuis des années, et malgré les millions et la technologie engloutis dans la fournaise.

Notre politique étrangère devrait donc être revue, non pas à l’aune des enjeux économiques que représentent la vente de Rafales au Qatar, la non-vente de portes hélicoptères à la Russie, la remise de la légion d'honneur à un Roi Saoudien (Edit du 20/03) ou bien encore le prix du carburant à la pompe… mais plutôt selon notre capacité à identifier nos ennemis en amont avant de les accueillir à l'Elysée, à mettre en place une politique énergétique de transition, à réaffirmer les convictions et la voix de la France comme un pays souverain.
Des décennies d’errance diplomatique, de compromis divers au nom de l’intérêt supérieur de la nation et de ses multinationales nous ont éloigné de nos idéaux.

Aujourd'hui, l’effondrement de la région est consommé et le retour "à la normale" semble assez improbable à brève échéance. Pourtant, si nous voulons que les réfugiés rentrent volontairement chez eux un jour, il va bien falloir aider à rendre la région plus sûre et là, personne ne semble vraiment avoir de solution pérenne, à part attiser plus encore les flammes, ce qui ne devrait pas améliorer les conditions de vie des civils sur place dans l'immédiat...

Frapper des objectifs stratégiques tels que des convois ou de raffineries c'est taper directement au portefeuille et cela semble assez efficace. Mais tenter de frapper des cibles en plein centre-ville au prétexte que nos bombes sont précises, c'est alimenter un nouveau cycle de violence sans fin.

samedi 24 octobre 2015

"Comment tout peut s'effondrer" Pablo Servigne et Raphaël Stevens

 Comment tout peut s'effondrerAyant enfin réussi à me reconnecter sur mon blog, je partage avec vous quelques découvertes et rencontres susceptibles d’intéresser les lecteurs de "Vicilisation - La Chute". J’ai échangé cet été avec Pablo Servigne, co-auteur d'un "Petit manuel de collapsologie à l'usage des générations présentes", nous avons troqué nos ouvrages et j’ai trouvé de nombreuses connexions entre les travaux des deux chercheurs et le roman. 

S’il était possible de résumer cette convergence en une seule phrase, je dirais que nous sommes d’accord sur le fait que « c’est sans doute la fin du monde tel que nous le connaissons, mais que ce n’est pas la fin du monde pour autant ».

D’une part, le modèle consumériste actuel et la dette ne sont pas soutenables en l'absence de croissance saine, et d’autre part, la fin programmée de ce monde connu, ne signifie pas pour autant la fin du monde (sauf modification climatique majeure), mais potentiellement la résurgence de nouvelles pousses sur des formats qui restent à définir.

Et c’est là une des premières difficultés de la démarche, car elle implique de préalablement « renoncer à l’avenir que nous nous étions imaginé » (les auteurs parlent d’ailleurs de démarche de « deuil »). Accepter l’idée que le monde de demain ne voit pas le triomphe annoncé d'une humanité en lévitation, c’est effectivement renoncer à d’indiscutables et saintes certitudes pour admettre que le futur ne ressemblera pas forcément à ce que les trois générations actuellement en vie avaient acheté dans le catalogue de l’utopie croissante.

L’autre difficulté consiste à imaginer ensuite de quoi sera fait demain… Dans ce domaine, nous nous heurtons à la fois à des comportements personnels tels que le déni face à l’évidence qui grossit, mais aussi à notre incapacité à être collectivement inventifs, à sortir des schémas actuels (industriels, agricoles, énergétiques, sociaux, politiques…) pour essayer de concevoir des solutions plus pérennes et résilientes. 

Le Champ des Possibles:  interview de Pablo Servigne
Le travail de ces auteurs vient s’ajouter aux nombreuses alertes déjà lancées par d’autres illustres prédécesseurs œuvrant dans des disciplines variées (Meadows, Giec, Tainter, Roagen…), mais dont les approches convergent toutes vers une même conclusion : l’effondrement total ou partiel (en mosaïque) de la civilisation occidentale consumériste est certain, mais des interrogations demeurent encore sur la « chaîne causale » qui conduira nos systèmes complexes à se dérégler, puis à basculer vers des comportements difficiles à prévoir dans le détail.

Face à la froideur des chiffres, des révélations ou des confirmations qu’apportent les auteurs (prévoyez un soutien psychologique ou SOS amitié ! ;-), je retiens néanmoins un message positif dans cet ouvrage :

L’histoire nous apprend qu’en temps de crise, la majorité des individus sont à la recherche de sécurité avant tout, et sont bien moins enclins à la violence parfois décrite par l’industrie du cinéma post-apocalyptique. « Les comportements de compétition et d’agressivité sont mis de côté (…) Comme si des conditions extraordinaires faisaient ressortir  des comportements extraordinaires ». (…) Invisible en temps normal, ces mécanismes de cohésion sociale très puissants permettent à une communauté de renaître d’elle-même après un choc en recréant des structures sociales… »

Le propre de l’humanité depuis la nuit des temps est de collaborer dans la recherche de solutions face à une situation critique. Il se trouve simplement que notre capacité à collaborer aujourd’hui est perturbée par la taille d’institutions et de dispositifs qui ne sont plus à taille humaine. Le gigantisme des chaînes de commandement et leurs complexités défient souvent la logique. Notre modèle politique et social actuel centralisé, planificateur, technocratique, démocratiquement déficitaire, parfois corrompu… est inadapté à la recherche de solutions locales à taille humaine.

samedi 7 mars 2015

Vous n'êtes pas important...

En quelques décennies, le téléphone mobile a conquis la planète. Avec plus de 7,2 milliards d'habitants dans le monde, le taux de pénétration de cette technologie atteint désormais 93%. Le nombre d'abonnements souscrits sur le globe devrait "bientôt" dépasser celui de la population mondiale. Désormais la technologie est présente en tous lieux avec vous dans votre poche et sur votre table de nuit avec quelques conséquences sur votre vie privée. 


Les récentes révélations sur les piratages de masse et sur les écoutes généralisées (et institutionnalisées) font surgir des interrogations sur l'utilisation de nos données personnelles et sur les buts de ceux qui les interceptent.


Les téléphones sont omniprésents et accompagnent leurs utilisateurs en toutes circonstances. Ils alertent, informent, stockent les moments importants, enregistrent vos fichiers, votre travail, vos envies, vos courses, vos idées… vous permettent de rester en contact avec vos amis, votre famille… 

C’est un des premiers gestes le matin au réveil, puis durant la journée avec 150 consultations par jour en moyenne pour 2 heures par jour pour les 16-30 ans . Selon certaines études jusqu’à 66% des utilisateurs de smartphone seraient en situation de manque s’ils devaient se passer de leur téléphone car ils sont progressivement devenus des extensions de leurs utilisateurs, des organes préhensiles pour être en contact avec un monde plus global, interconnecté et en temps réels. 

Si internet matérialisait déjà les prémices une humanité connectée, le téléphone mobile et les tablettes y ajoutent la dimension nomade. Ce gigantesque système en réseau matérialise de facto « un corps social organique » où vous pouvez à la fois émettre et recevoir des données, être géolocalisé, suivre la localisation de vos amis. Mais en quoi votre emplacement, pourrait-il intéresser quelqu’un ? En quoi vos données personnelles, vos achats, vos échanges mail, sms, vos photos, vos données bancaires, vos rendez-vous chez le médecin, vos requêtes pourraient-elles intéresser quelqu’un ? 

Je vous rassure, au risque de vous décevoir, vos informations individuelles n’intéressent personne. En tant qu’individu identifié par un ou plusieurs abonnements de téléphones portables, numéro d’ordinateur, de tablette… vous n’intéressez personne (sauf à conduire des activités criminelles ou terroristes, et encore…). 

Votre portable isolé du reste du troupeau n’intéresse pas grand monde. Votre portable produit et stocke des informations, mais sans doute pas en nombre suffisant pour que son « bruit » soit intéressant. En revanche, des milliards de portables, de tablettes, et d’ordinateurs connectés peuvent produire une incroyable musique pour qui sera capable de capter ce « bruit », puis de le traiter afin d’en extraire des tendances ou d’identifier des convergences…

Sur les 985 réseaux de téléphonie mobile mondiaux, la NSA avait récolté des informations techniques sur 70 % d'entre eux. Gemalto, qui fabrique deux milliards de cartes SIM par an et compte 450 clients dans le monde, dont les principaux opérateurs français, a aussi été piraté. La plupart des opérateurs de téléphonie avouent aussi être piratés… Sans parler des satellites vers lesquels il suffit sans doute de tourner une parabole, de capter puis de décrypter les flux… La fondation Wikimedia  vient de lancer une procédure officielle contre la NSA pour la collecte indiscriminée de données personnelles au travers de ses programmes PRISM et UPSTREAM.

Bref, dans un monde numérique, globalisé... il est désormais possible d’espionner une grande partie de l’humanité selon un schéma où les individus ne comptent plus vraiment en tant que tels, mais où ils ne sont que les participants identifiés d’une gigantesque foire à l’information et aux données.

Le vrai problème aujourd’hui, n’est plus de capter ou même de décrypter les données, le vrai problème aujourd’hui c’est de pouvoir les stocker et d’avoir des ordinateurs suffisamment puissants pour transformer en temps réels « le bruit en musique », les données en information. En d’autres termes, il faut des capacités informatiques très importantes, des supercalculateurs de dernière génération ainsi que les ingénieurs qui vont avec… (Edit 09-2015: L'ordinateur le plus puissant du monde est chinois, il est basé près du port de Tianjin. Lors de l'explosion, dont les causes ne sont pas vraiment éclaircies, ce supercalculateur a du être arrêté...)

Avoir de telles capacités de traitement de masse, avoir la technicité pour concevoir et maintenir les algorithmes qui vont extraire une logique, identifier des occurrences, des liens et des informations utiles dans le magma informationnel n’est pas à la portée de tous… Quelques gouvernements et sans doute quelques conglomérats privés peuvent structurer une telle chaîne de traitement (captage-décryptage-traitement-stockage) dont les objectifs restent ensuite à définir…

Quelles questions poser à « la machine » ? Que doit-on surveiller ? Que doit-on rechercher ? Et surtout dans quels buts ? Pour défendre quelles idées ? Sauvegarder quels intérêts ? Je ne pense pas que la lutte contre le terrorisme fasse partie des principaux objectifs, même si c’est la justification tacite du flicage planétaire auquel nous sommes exposés bien malgré nous...

PS: Les mots clefs contenus dans ce modeste post à vocation pédagogique pourraient par exemple déclencher une identification, puis un traitement automatique du document, qui sera éventuellement escaladé à un humain si le contexte le justifie. Dossier créé, archivé pour croisement ultérieur avec d'autres "événements" si nécessaire...  Ah non j'oubliais, je ne suis pas important ;-)

vendredi 27 février 2015

Le scénario de "La chute" selon Dennis Meadow

"Il y a deux façons d’être heureux : avoir plus ou vouloir moins. Comme je trouve qu’il est indécent d’avoir plus, je choisis de vouloir moins."


"Avons-nous un moyen de maintenir le mode de vie des pays riches ? Non. Dans à peine trente ans, la plupart de nos actes quotidiens feront partie de la mémoire collective"

samedi 6 décembre 2014

Pensée du jour

"Quand les vents du changement soufflent, certains construisent des abris, et d'autres des moulins".

lundi 17 novembre 2014

Internet, pierre angulaire du monde de demain...


Le Laboratoire Européen d'Anticipation Politique (LEAP), vient de publier dans son bulletin GEAB N°89 du 15 novembre 2014  un article très intéressant sur le changement de modèle dans lequel nous sommes engagés. On y retrouve des thèmes abordés dans « Vicilisation – La Chute » :


Le premier d’entre-eux concerne le contexte général : Le LEAP réaffirme que la crise sociale, économique, financière mais aussi politique dans laquelle nous sommes structurellement engagés depuis 2008 est une évolution durable.

Il s’agit d’une crise globale qui  n’a rien de conjoncturel et qui devrait impliquer une adaptation de la gouvernance et des institutions. Or notre modèle semble avoir quelques difficultés, non seulement à se réformer de l’intérieur, mais surtout à proposer une alternative soutenable au modèle de croissant.

En l’absence de croissance réelle depuis des décennies quelle alternative, quel modèle, quel nouveau paradigme avons-nous conçu pour que les générations futures puissent massivement trouver une place ? Consultez les chiffres du chômage chez les moins de 25 ans un peu partout en Europe, et vous aurez un début de réponse à cette effrayante question.

Le second thème abordé par le LEAP consacre internet comme une  « tendance lourde dont chacun admettra le caractère profondément restructurant . Au-delà de sa contribution à la facilitation des échanges commerciaux et à la globalisation des économies, (internet) connecte de facto en un corps social organique la totalité de l’humanité grâce à un « système » en réseau profondément différent des systèmes pyramidaux hérités du XIXe siècle qui fondent pourtant officiellement toujours nos « systèmes » nationaux, inter-nationaux et supra-nationaux. » 

Au fil des années, internet s'est imposé comme une espace  planétaire unique multiculturel. L’internet mondial a permis l’émergence « d’un corps social global en réseau largement auto-organisé ». Et le LEAP de poursuivre « mais avant que ce système ne soit officialisé (ndlr: dans la chaîne de commandement), toute la difficulté consiste à intégrer à ces dynamiques d’avenir l’ancien système pyramidal… ou à s’en débarrasser ». 

Voilà le combat qui progressivement se matérialise devant nous : « démocratie représentative vs participation citoyenne directe organisée, pyramides vs réseaux, (..) systèmes nationaux vs systèmes post-nationaux, pétrole contre énergies renouvelables, économie lourde vs économie numérique, banques vs flux financiers, emploi vs activité professionnelle en ligne, institutions ONU vs club BRICS, etc. »

La liste est longue, mais il apparaît clairement qu’en réponse à un mouvement de globalisation, de standardisation et de mondialisation à marche forcée, les peuples développent progressivement des initiatives en réseau visant à préserver leurs identités et leurs diversités dans un terroir donné. Ils investissent les espaces de liberté et d'expression à leur disposition. Internet est la pierre angulaire de ce nouvel édifice protéiforme qui se met en place. A la fois local, mais aussi global, donc "glocal", il permet, le temps d’un projet, de fédérer des compétences et des énergies dans l’atteinte d’un objectif donné.

Et le LEAP de conclure sur ce sujet : « Les acteurs du monde d’avant, en raison surtout d’une totale incompréhension des ressorts caractéristiques de la société de demain, ont actuellement recours à tous les outils classiques de la domination (finance, armée, religion ou idéologie) pour bloquer l’évolution « naturelle » du monde. Ce combat est voué à l’échec, c’est une certitude, mais selon la vitesse à laquelle ces acteurs se fondront au nouveau mode d’organisation, les dégâts infligés à l’humanité peuvent être considérables. » 

jeudi 9 octobre 2014

"Survivre à l'effondrement économique" par Piero San Giorgio

Face à la crise mondiale et aux risques d'effondrement perçus, chacun conçoit sa propre réponse dont l’intensité varie selon le budget, le degré de liberté et la capacité à changer de comportement sous la pression sociale de la majorité... 


Mais ces réponses variées, hétéroclites, parfois opposées, sont néanmoins constitutives d’une seule et même réaction naturelle déclenchée par le sentiment (plus ou moins révélé selon les individus) qu'il importe de développer ses propres solutions sans attendre qu’elles nous soient parachutées un beau jour d’élection.

Il faut bien comprendre que ces initiatives que l'on voit se multiplier un peu partout sont de l'ordre du réflexe de survie propre au vivant. Dans ces conditions, la palette des réponses va du survivalisme le plus extrême, à l’initiative d’eco-quartier en passant par le retour à la terre, la rénovation en milieu rural, l’habitat collectif et inter-générationnel et/ou la recherche de l’autarcie la plus complète.

Peu importe en définitive, car toutes ces réactions, qui peuvent parfois sembler antinomiques et éloignées, sont néanmoins participatives d’une même prise de conscience, d’un même débat (parfois animé) et atteindront tôt ou tard une masse critique qui fera éclore de nouvelles questions dans le débat politique.

C’est-à-dire qu’elles permettront de parler de transition sans passer pour un illuminé, d'évoquer la décroissance sans être taxé d'écolo idéaliste car les problématiques de fond seront dans le débat public et largement débattues : doit-on continuer coûte que coûte à maintenir l’illusion de la croissance sans fin par de la dette ? est-il normal que 57% du PIB français soit issu de la dépense publique ? doit-on laisser les « clefs du camion » à la BCE à l’Europe et au FMI ? dans la négative, quel modèle de société pour demain ? quel nouveau paradigme ? quelles solutions pour nos enfants ? quel monde voulons-nous leur laisser ?

Chacun apporte sa réponse à ce débat, et je tenais à remercier Piero San Giorgio pour avoir intégré« Vicilisation – La Chute » à sa revue de presse

Nous avons échangé à plusieurs reprises avec Piero et partageons les mêmes constats sur la situation actuelle.

Après les constats basés sur l'observation, sur des indicateurs et sur des données objectives... il y a les synthèses. Chacun tente de se construire un avis (loin des médias mainstream si possible)... Ensuite certains développent de nouveaux comportements et réagissent.  Dans la constellation des réactions possibles face à la crise, Piero se situe dans la galaxie « survivance musclée » et s’attend à un scénario plutôt apocalyptique comme dans le roman "Vicilisation - La Chute". Piero réfléchit énormément à ces sujets, lit, explore, teste, s’entraîne et détaille des solutions concrètes, notamment au travers du concept de BAD : Base Autonome Durable.

 Acheter Survivre à l'effondrement économique
Piero San Giorgio n’est pas seulement un théoricien de la résilience et de l'adaptation à un environnement hostile, c’est aussi un homme qui met en œuvre ses convictions au quotidien. Alors on aime ou on n’aime pas, mais force est de constater que ses initiatives, ses prises de paroles ne laissent pas indifférent et permettent au moins de se poser la question : "Et moi, je ferais quoi en cas de black-out civisationnel ?"

Son livre « Survivre à l’effondrement économique » apporte des réponses pratiques et analyse les possibles déclencheurs de "la chute"…

mercredi 17 septembre 2014

Pensée du jour: Pierre Rabhi

"On voit s'ériger des générations d'enfants qui faute d'un éveil à la vie sont réduits à n'être que des consommateurs insatiables, blasés et tristes". 

jeudi 17 juillet 2014

Le monde change, et vous ?


Le monde dans lequel nous vivons subit des mutations sans précédent. Ces évolutions ne sont pas toutes conjoncturelles et temporaires comme on essaye parfois de nous le faire croire... Beaucoup dessinent une nouvelle réalité économique, sociale et financière qui risque de perdurer et à laquelle il faudra s'adapter en essayant de limiter notre exposition. 


Le monde dans lequel plusieurs générations ont pu prospérer, échanger et préparer l’avenir sereinement n’offre plus la même visibilité et la même linéarité qu'auparavant. Il n’est plus « plat », il est devenu chaotique, imprévisible et soumis aux caprices d’éléments qui rendent la prospective très compliquée, même si des tendances lourdes se dégagent de plus en plus nettement.


Tous les jours, les médias se font l’écho de ces mutations, souvent douloureuses qui témoignent de bouleversements profonds et  souvent irréversibles. Dans un monde hyper connecté, branché sur les news en continu, perfusé aux flashs infos, nous sommes littéralement bombardés d’informations (souvent anxiogènes) alors que notre capacité de traitement de ces signaux reste constante et trop souvent spécialisée sur quelques domaines spécifiques. 

Notre instinct de survie parvient néanmoins à dégager de ce maelstrom des informations utiles et des intuitions, sans toujours parvenir à les formaliser ou les transformer en actions concrètes.  La plupart des individus perçoivent confusément que des événements importants sont déjà à l’œuvre, ou se préparent, et pourtant les attitudes varient du déni le plus farouche à l’hystérie apocalyptique millénariste en passant par une indifférence que je qualifierais de suicidaire. 

Alors que faire ?

Tout d'abord, il est vital de traiter et d’analyser ces informations, sans quoi la sensation de "submersion" face à la quantité de données  risque de durer sans aboutir à des actions concrètes. Il faut donc contrôler en amont ces flux d'information de manière objective et méthodique. Une fois cette étape accomplie, vous pourrez analyser les risques plus facilement, en déduire des stratégies, voire mettre en oeuvre des actions. L'objectif consiste à transformer, à notre modeste niveau, le risque en opportunité.

Il est encore temps d’anticiper et d’accompagner la transition globale dans laquelle nous sommes embarqués pour développer notre résilience.

La résilience se définit comme la capacité d'un organisme, d’un groupe ou d’une structure à s'adapter à un environnement changeant, ou bien à récupérer un fonctionnement ou un développement normal après avoir subi une perturbation. Mais avant d'agir, il faut d'abord comprendre ce qui se passe vraiment, puis décider des mesures à prendre...

La crise économique mondiale telle que je l’aborde dans le roman "Vicilisation", les incertitudes professionnelles, la dégradation de l’environnement, le fanatisme, les tensions économiques et sociales… s’imposent à nous sans que nous puissions vraiment en décider. Mais à partir de ce contexte, nous pouvons néanmoins élaborer des scénarios d'évolution positifs et commencer à mettre en oeuvre des plans de sauvegarde privés, professionnels et patrimoniaux.

De nombreux Think tank, cabinets de stratégie ou penseurs indépendants ont déjà élaboré des scénarios intéressants qu'il convient de connaître. Je pense notamment aux analyses et aux prospectives des Econoclastes, de la Chronique Agora, de News360X, d´Insolentiae, Contrepoint, Paul Jorion, etc... A l'évidence, il existe un consensus sur certaines macro-tendances, dont la plupart ne sont pas très optimistes. Doit-on pour autant sombrer dans le catastrophisme ou se transformer en dernier des survivants ?

Face à ces analyses concordantes, certains d'entre-nous ne sont absolument pas préparés aux changements qui se profilent à l’horizon ou préfèrent ignorer les enjeux sur un mode: "après moi, le déluge". D’autres montrent plus de flexibilité et sont capables d'adapter leurs décisions en tenant compte de paramètres extérieurs qu'ils ne contrôlent pas. Mais quel est le bon niveau de réponse ?

Peut-être existe t-il un juste milieu entre vivre en collectivité dans une Yourte Ardèchoise (importée de Mongolie) et s'enfermer dans un bunker ultra-sécurisés avec des potes armés jusqu'aux dents ? Où vous situez-vous sur cette échelle ?

Pour ma part, j'ai la conviction qu’il est encore possible de produire, individuellement et/ou collectivement, une réponse curative à la crise actuelle. C’est-à-dire qu’il est possible de décider, à notre niveau, d’un plan de transition personnel dans lequel nos actions quotidiennes seront participatives d’une amélioration globale.

Alors, même si mon roman est volontairement un peu apocalyptique et pessimiste (en tout cas dans sa première partie), je suis persuadé qu’il est possible de préparer sereinement le monde de demain tout en étant dans le monde d’aujourd’hui.

Je ne suis pas de ceux qui attendent dans l'angoisse le chaos millénaire et la fin des haricots en boîte... Le futur est peut-être sombre (en ce moment), mais ce n'est certainement pas une raison pour dégrader mes décisions au présent en redoutant un possible effondrement généralisé de notre modèle occidental.

En d'autres termes, la nécessaire démarche de transition peut servir à la fois pour un présent enthousiaste, mais aussi en cas d'aggravation de la situation, de Tsunami financier, de krach immobilier, de krach obligataire, de faillite souveraine et/ou de magasins vides...  Vous voulez savoir comment ?

Plus d'information sur la démarche de transition:  Conseil en transition

jeudi 10 juillet 2014

La croissance est morte ? Vive la décroissance !

Alors que la crise augmente en intensité et en déclarations diverses, les politiques de tous bords nous présentent leurs solutions miracles pour relancer la croissance. C’est l’objectif dont le bien-fondé ne se discute pas, c’est le postulat de base, l’évidence des évidences…

Et même si les projections européennes de croissance oscillent entre 0,1% et 1% pour les plus optimistes soufflant pieusement sur les braises du feu éteint, aucun n’émet l’hypothèse iconoclaste que la croissance n’existe plus, et qu’elle pourrait avoir bel et bien disparue.   

C’est parce que le moteur du modèle occidental dans lequel nous vivons depuis plusieurs générations est basé sur la croissance. Elle a forgé nos consciences, bercé nos rêves, structuré nos raisonnements et fait désormais partie de notre ADN… L’idée qu’elle puisse disparaître un jour est à ce point inconcevable, blasphématoire, et du domaine de la science-fiction, que seules quelques voix osent évoquer la possibilité d’un monde dans lequel la croissance ne serait plus. 

Car les conséquences de sa disparition, sont non seulement économiques et sociales, mais elles sont surtout plus profondes et touchent aux principes mêmes de notre civilisation, à sa logique et à ses fondements philosophiques… Si la croissance s’évapore, ce sont nos certitudes qui sont ébranlées, notre vision du futur qui change, nos espoirs de bonheur et d’amélioration qui s’évanouissent… Comment pourrions-nous être heureux dans un monde sans croissance ? L'immense majorité de la population ne sait plus répondre à cette angoissante question.

Alors, pour ne surtout pas remettre en question le paradigme de la croissance infinie, les responsables politiques et les acteurs de l'économie ont préféré laisser le crédit exploser, émettre de la monnaie depuis les Banques Centrales afin de maintenir sous perfusion l’économie en y injectant son carburant favori : l’argent.

Force est de constater que ça a bien fonctionné durant des décennies. Mais ce faisant, ils ont "donné les clefs du camion" à la finance qui a prospéré car nous avions besoin d’elle pour maquiller l’évidence, et ne pas abandonner ce qui nous apparaît toujours comme une intangible et sainte vérité…

Dans certains cas, c’est la dette privé qui a compensé le manque de création de valeur et artificiellement soutenu la consommation des ménages comme aux USA, dans d’autres, ce sont les gouvernements eux-mêmes qui ont emprunté au-delà du raisonnable afin de redistribuer de quoi consommer et alimenter la machine, désormais condamnée à la croissance pour rembourser. Or cette croissance n'existe plus, et chaque dollar goulûment absorbé par les dispositifs  ne produit plus suffisamment de valeur (cf graphe ci-contre).

Était-il possible de changer les choses avant d’être piégé dans le cercle vicieux de la dette sans fin ? Était il envisageable de demander aux populations de radicalement changer leurs comportements d’achat, et surtout de renoncer à leurs rêves ? Bien sûr que non ! Car personne n’aurait été élu sur un tel programme.

Alors que la planète incrédule observe les dispositifs dangereusement vaciller, et pour certains s’effondrer, l’heure n’est plus vraiment à la critique du dogme et de ses conséquences bonnes ou mauvaises. Après tout, le  « modèle croissant » a permis de vivre ensemble dans un relatif bonheur durant plusieurs décennies autour d’idées simples, normalisées et largement partagées, c’est peut-être là l’essentiel...

L’objet n’est pas non plus de conspuer le crédit facile, la finance internationale, les technocrates, ou bien de désigner un coupable expiatoire à tout ceci, car nous sommes tous responsables de ce qui arrive. Oui, nous sommes tous définitivement responsables de notre difficulté à imaginer autre chose, et de notre incapacité à sortir de la croissance en tant que théorie politique.

Aujourd’hui, l’usine à rêve est grippée et menace d’exploser. Elle est sous assistance respiratoire, elle ne produit plus grand-chose pour la majorité, condamnée à regarder quelques privilégiés profiter encore des attributs de la réussite qui s’étalent ostensiblement sur des affiches quatre par trois ou dans les magazines fashion. L’écart entre le réel et le « rêve croissant » se creuse jour après jour…

Un peu partout dans le monde, certains expliquent que l’unité de mesure de la réussite d’une civilisation devrait aussi celle des individus qui la compose. Au lieu de cela le PIB est devenu la nouvelle aune planétaire, soumise à l’approbation dédaigneuse d’agences privées partiellement financées par les banques. Pourtant, le PIB ne mesure pas les dégâts sur l’environnement, le revenu moyen par habitant, le bien-être, le niveau d’éducation, la sécurité ou le degré de liberté…

Alors que faire ?

L’histoire de l’humanité nous apprend que des civilisations beaucoup moins globales et planétaires que la notre, n’ont pas su se remettre en question à temps, et ont disparu du fait de leur inadaptation. Cela laisse peu d’espoir pour un sursaut salvateur compte tenu du gigantisme des chaînes de commandement que nous avons généré, et qui n’ont aucun intérêt à se tirer une balle dans le pied tant que leurs salaires sont encore versés. Notre capacité de réforme structurelle est très faible…

Si la réforme éclairée n’est pas possible, certains seront alors tentés de rejoindre ceux qui prônent une révolution encapuchonnée depuis longtemps. Mais il n’y a que dans l’imagerie populaire qu’une révolution peut être conduite par une minorité de gueux armés de lance-pierre. Ils ne feront jamais basculer la majorité qui a depuis longtemps décroché d’une quelconque réflexion politique, ou d’une quelconque capacité à faire autre chose qu’appuyer sur les boutons de la télécommande de leur TV ou bien se ruer sur les soldes… Et puis, comment vivre ensemble après ça ?

Que nous reste t-il alors, si ni l’évolution ni la révolution ne sont possibles ?

Difficile à prévoir, mais il reste peut-être une "troisième voie" car le modèle croissant va vraisemblablement continuer à s’essouffler, faute de moyens pérennes. Il va progressivement s’asphyxier tout seul en l’absence de consommateurs, tel un poisson rouge hors de son bocal. Le phénomène est déjà à l’œuvre en Europe et aux USA où la fin des crédits faciles, l’évaporation de l’épargne des ménages, la délocalisation des usines, la réduction des aides de l’état et l’explosion du chômage conduisent à une dé-consommation forcée.

A moyen terme, le modèle croissant moribond, va vraisemblablement laisser place à un modèle décroissant contraint, car les gens n’auront pas le choix… Cette révolution par défaut, n’a rien d’épique, de réfléchi ou de voulu (bien évidemment). Mais elle s’impose à la majorité, elle va s’installer dans nos vies pour transformer le modèle de manière sectorielle et locale. Des pans entiers de l'industrie, des métiers, des services ont déjà disparus ou vont disparaître, des régions industrielles, des zones géographiques, des quartiers en feront les frais...

Ne nous y trompons pas : ce n’est pas la décroissance en tant que théorie politique minoritaire qui est à l’œuvre aujourd’hui, c’est la décroissance en tant que force universelle. Ce papier n’a rien de militant (ou de politique), il tente simplement de considérer d’un point de vue systémique le phénomène de décroissance, aussi implacable dans sa logique, que l’était la croissance durant plusieurs siècles. Il suffit de regarder la tendance de la croissance depuis les années 1960:



Si l’on admet que la nature s’inscrit dans des cycles de croissance et de décroissance, de création et de destruction, de courbes ascendantes et descendantes, alors on peut aisément imaginer que notre modèle économique ne peut pas être croissant indéfiniment, ne serait-ce que parce que nous vivons dans un monde où les ressources naturelles sont limitées et non renouvelables (Voir à ce propos les travaux de Nicholas Georgescu-Roegen et le concept de bioéconomie - Voir aussi note en bas de page). Et il n'est pas établi non plus que  la découverte de nouvelles énergies, et / ou de nouvelles technologies pourraient  retarder l’avènement naturel de la  décroissance, et indéfiniment prolonger notre fragile apogée tant elle coûte cher en ressources et en gaspillages divers

Si les politiques n’anticipent pas les phénomènes de chômage et de paupérisation déjà l’œuvre, le risque global est très important. Si aucune alternative durable au modèle croissant ne se met progressivement en place pour absorber les milliers, les centaines de milliers puis les millions de personnes qui vont être expurgées des dispositifs d’aide, alors nous risquons de faire face à des situations qui pourraient être dramatiques.

Nous constatons déjà les conséquences de l’arrivée non préparée de la décroissance et de la désurbanisation en Grèce… Le modèle planétaire ne fonctionne plus là bas, et ne permet plus d'honorer les échéances depuis longtemps. On s’acharne pourtant à le sauver, quel qu’en soit le coût, en affectant l'intégralité des aides BCE au remboursement de la dette,  qui génère elle-même une nouvelle dette ! La Grèce ne produisant rien qui puisse lui permettre de rembourser quoi que ce soit, on diffère l'issue fatale et on augmente potentiellement l'onde de choc. Quant à l'avenir...

Dans un monde idéal, il faudrait éviter que la décroissance ne s’impose à nous comme une force destructrice et incontrôlée. Il faudrait construire de nouvelles alternatives, anticiper un changement de modèle progressif sans avoir la prétention de tout refaire du sol au plafond en voulant régler la question en un jour…

Malheureusement, ce monde des bisounours n’existe pas, et on élit toujours les leaders qui affirment détenir une solution globale pour aujourd'hui. Quel leader se ferait élire en osant avouer qu’il n’a pas la solution dans l'immédiat, mais que collectivement il sait que nous pouvons la trouver demain ? Quel homme politique pourrait se faire élire en expliquant qu’il va falloir inventer localement et explorer, tout en remettant en question nos certitudes les plus essentielles et la branche sur laquelle il est assis ?

La décroissance risque encore de s’imposer avec force et violence, car nous semblons préférer tous les remèdes, mêmes les pires, plutôt que de remettre en question le dogme. « Une bonne guerre » pour tout casser et ensuite tout reconstruire à l’identique, diront certains… Cette alternative préférée de l’histoire, traduit effectivement notre triste incapacité collective à sortir des schémas, et à sans cesse reproduire les mêmes erreurs.

Aujourd’hui, nous sommes face à une situation qui implique une adaptation de notre part,  une remise en question constructive et progressive... Nous devons nous adapter au changement de cycle, nous devons tenir compte du fait que la croissance ne permet plus  de vivre ensemble, et que la décroissance non préparée risque de s’imposer un peu partout dans le monde qu'on le veuille ou non.

Il ne s’agit pas d’une certitude absolue, mais plutôt d’une intuition. Celle qu’il est encore temps de coordonner les modèles croissant et décroissant, de favoriser une transition d’un monde, où certains problèmes peuvent encore être réglés globalement, vers un monde résilient où des solutions apparaissent, ou apparaîtront localement au niveau des individus... Il serait peut-être utile (et peu coûteux) de faciliter dès aujourd'hui la mise en oeuvre des initiatives locales, de mettre en place une fiscalité rurale incitative, de déployer une nouvelle architecture politique moins centralisée et plus adaptée aux enjeux de demain. Mais je ne vois nulle trace de telles propositions sacrilèges dans les discours politiques...
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Note: Nicholas Georgescu-Roegen : économiste mathématicien en marge de la pensée économique dominante, a fondé sa pensée sur la thermodynamique, notamment sur sa seconde loi, l'entropie, ou loi de dissipation. Il s'est beaucoup inspiré de la théorie de l'évolution de Darwin, décrivant le développement de la technologie comme le prolongement de l'évolution biologique de l'espèce humaine. Ceci l'amènera à créer le concept de bioéconomie. La prise en compte de l'entropie implique que l'économie doit être vue comme un système biologique, avec les contraintes qui affectent tout système vivant. Georgescu-Roegen démontre avec la rigueur du mathématicien que la recherche d'un état stationnaire pour l'économie actuelle n'est pas soutenable. La seule issue - conclusion qui n'est pas facile à entendre - est la décroissance. Georgescu-Roegen est sans appel: le système économique du 19è siècle dans lequel nous vivons aujourd'hui est une fiction qui est vouée à s'écrouler. Source 

mercredi 11 juin 2014

L'édito de Charles SANNAT, "Le Contrarien Matin"

C'est avec beaucoup de plaisir que j'ai découvert l'édito de ce jour sur le blog de Charles Sannat : "Le Contrarien Matin".

Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, Charles Sannat décortique quotidiennement au gré de ses humeurs l'actualité et apporte un éclairage assez décapant sur le monde qui nous entoure.

C'est souvent très drôle, pertinent et rejoint quelques thèmes abordés de manière romancée dans "Vicilisation - La Chute" (le déclin du consumérisme, la perte des repères, l'inévitable "décroissance", les solutions de vie pour le monde post-industriel, l'architecture, le modèle social de demain, les circuits courts...etc).

C'est sans doute la raison pour laquelle Charles Sannat a intitulé sa chronique d'aujourd'hui: "De la Civilisation à la Vicilisation!", faisant référence au roman de votre serviteur. Bonne lecture à tous...

" Vicilisation - La Chute" Edito de Charles Sannat

Edit 30/03: Retrouvez Charles Sannat sur http://insolentiae.com/

lundi 2 juin 2014

L'avis des lecteurs...

 
"On a tout simplement envie de lire la suite et de tourner chaque page ! J’ai passé un bon moment de lecture et cet ouvrage doit nous amener à nous poser quelques questions de fond, en tout cas il peut sans conteste servir de support à une réflexion beaucoup plus large sur notre modèle de civilisation".

"Un roman qui fait réfléchir est une denrée rare, de même qu’un roman de SF qui parvient à innover, ce qui n’est plus si courant." Lire la suite...
"Une très bonne lecture, un livre et un auteur à découvrir sans hésitation !" Lire la suite...
"La principale force du livre est de décrire un modèle intelligent, crédible, mais surtout humain." Lire la suite...
"Ce roman est captivant du début à la fin, je me suis régalée" Lire la suite...
" J'ai adoré" Lire la suite...

"Un récit palpitant qui se lit très facilement." Lire la suite...
"Un très beau premier essai littéraire de Chris Antone" Lire la suite...
"La chute du monde moderne comme si vous y étiez..." Lire la suite...

mercredi 19 février 2014

Article sur Vicilisation dans Try Me Luxury

Article Vicilisation dans TRY ME
Le magazine TRY ME s’est associé au projet Bookstory et présente le roman Vicilisation - La Chute cette semaine.

vendredi 29 novembre 2013

Globalisation ou relocalisation ?

La mondialisation implique une course sans fin aux coûts les plus bas. La globalisation des marchés accroît la concurrence, exacerbe les disparités compétitives géographiques, et fait fondre les marges, donc à terme, les emplois des zones moins compétitives.

A quoi bon chercher à produire des biens moins chers à l’autre bout de la planète, si personne ne peut plus les acheter, même à crédit ? (Sans compter les impacts en terme d'acheminement)

Une analyse intéressante nous est livrée dans «The price of inequality» (aux éditions Norton ) par Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie sur les effets de la mondialisation.

Les remèdes préconisés semblent plus interventionnistes, monétaires et étatiques. Mais lorsque l’on demande à un économiste de proposer des solutions pour demain, il ne faut pas s'étonner d'obtenir des réponses mécanistes et systémiques et, le plus souvent, orthodoxes...

Alors soyons iconoclastes, et lançons une idée folle : si la concentration de la production de ces 50 dernières années a finalement conduit à inexorablement détruire de la valeur et des emplois, que se passerait-il si les gouvernements favorisaient la déconcentration et la relocalisation vers lieux de production plus atomisés sur le territoire national ?

Que se passerait-il si, un arsenal légal, fiscal, juridique permettait de stimuler la création, non pas de concentrations industrielles recherchant l'optimisation maximale pour survivre, mais au contraire de sites de production volontairement « redondants », régionaux, délivrant localement les biens manufacturés sur place ?

lundi 14 octobre 2013

Quand les subprimes et le futur krach obligataire nous inspirent...


Ce fut une onde de choc. Elle arriva d’abord des USA en 2008 et enfin de toutes les directions, depuis toutes les places mondiales. S’entrelaçant en vagues complexes, répercutant et amplifiant des phénomènes anodins, rasant des millions emplois d’un revers de la main, expropriant des familles et détruisant les espoirs d’avenir.

Le grand public incrédule découvrit alors pour la première fois les conséquences de décennies d’abus financiers, l’explosion des subprimes et l’endettement à peine concevable de la plupart des pays modernes vivant à crédit afin de prolonger l’illusion du modèle planétaire jusqu’aux prochaines élections.

Pour l’homme de la rue, encore bercé aux illusions d’une glorieuse croissance sans fin, la prise de conscience fut rude et peut-être salutaire pour certains . Elle marque sans doute un tournant dans l’appréhension de notre avenir. Une sorte d’électrochoc, capable de faire évoluer les perceptions et de faire bouger les lignes, car une onde de choc précède toujours une explosion. Peut-être celle du modèle néo-libéral et du paradigme  d'une modernité sans limite ?

Cette révélation fut le déclencheur de l’écriture de « Vicilisation – La Chute », avec l’envie d’explorer de manière romanesque et ludique l’hypothèse d’une aggravation de la crise mondiale actuelle en suivant les aventures d’un jeune architecte emporté dans le tourbillon d’une explosion économique et sociale.  C'est peut-être la fin du monde tel que nous le connaissons, mais ce n'est pas la fin du monde pour autant...