Un roman d'aventures entre actualité et fiction.


« Vicilisation* - La Chute » est un roman d'aventures qui se déroule de nos jours.

La crise économique s'aggrave, les tensions sociales et les attentats se multiplient, le monde occidental vacille, puis s'effondre brusquement.

Les villes en proie aux pénuries et aux émeutes sont les premières touchées.

Jacques, un jeune architecte parisien jeté sur les routes de l'exode, tente de survivre à l'impensable.

Son errance spectaculaire au travers d’un monde qui sombre dans l’anarchie lui révèle ce que beaucoup n’auront pas l’occasion de voir : le crépuscule d’une civilisation.

Pourtant, au milieu des doutes et de la violence, un fragile espoir semble renaître...

Jusqu’où ira-t-il pour le défendre ? Que sera-t-il capable d’accomplir pour émerger de ce chaos ?

Et vous, que feriez-vous ?

------------------------------------------------------------



ACHETEZ ICI- Roman au format e-book 6,00 €

OU

ACHETEZ ICI - Roman au format papier, couverture souple, 279 pages - Offre de lancement 9,78 € au lieu de 11,5 € (livré sous 5-6 jours)

mercredi 28 septembre 2011

Désurbanisation : la révolution par défaut ?

Le Larousse définit la désurbanisation comme une « politique tendant à favoriser l'implantation d'activités économiques dans le monde rural et la création d'emplois dans les villages ».

La désurbanisation, n’est pas un nouveau concept prôné par quelques dangereux subversifs. Dès les années 70, le mouvement apparaît en réponse au paradigme de la croissance sans fin, et tente de s’inscrire comme une alternative aux dogmes de la globalisation, du toujours plus de profits, de productivisme et de béton…

Pour beaucoup, les villes et les mégalopoles cristallisent les symptômes de l’essoufflement d'un modèle planétaire qui ne parvient plus à lutter contre l’exclusion sociale, la déshumanisation, la précarité, la violence, la pollution, la dépendance énergétique et alimentaire…

Alors, certains ont déjà quitté les grandes agglomérations par choix de vie ou par engagement politique, sans pour autant faire basculer l’opinion publique de leur côté, et sans révolutionner le mode de vie dominant.

Peut-être est-il utile de le rappeler, mais une révolution résulte d’un mouvement de forte ampleur. Une minorité ne peut pas faire une révolution si elle est isolée. Elle peut revendiquer, tenter d'amorcer une réaction, manifester, mais sans l’assentiment implicite ou explicite de la majorité, la rotation de l’histoire est difficile, voire impossible.

Or les conditions de changement de l’histoire sont en train d’évoluer avec la crise mondiale actuelle, car les mécanismes de financements de la cohésion qui maintiennent la structuration d’une société où la majorité travaille, paie des impôts, part en vacances et surtout consomme, sont en train de sérieusement se gripper.

Tous les jours des individus, sans doute de plus en plus nombreux, sont expurgés du système par les plans sociaux, la fin ou la réduction de leurs droits, le surendettement ou la fermeture de leur société. Ils réduisent brutalement leur consommation, ou doivent quitter les villes car ils n’ont plus les moyens d’y demeurer. Ils « déconsomment » involontairement car ils n’ont plus de choix, et encore moins accès aux crédits ou aux milliards injectés dans le tonneau des Danaïdes des dettes souveraines ou dans le soutien aux banques.

Et ce mouvement de tarissement progressif des options, cette crise du choix historique qui sape les fondements de nos sociétés consuméristes basées sur la surabondance, recèle les germes d’un nouveau type de révolution : la révolution par défaut.

Cette révolution n’a rien de volontaire, d’épique ou de glorieux... Elle n’est pas le fruit d’une réflexion personnelle, ou d’une démarche politique volontariste. Elle est subie par des consommateurs qui étaient jusqu’alors les piliers du système marchand. C’est une révolution « sans violence » conduite, non pas par une minorité d'indignés ou d'activistes déterminés, mais par une majorité de « Madame Michu » et de « Monsieur tout le monde » qui ne peuvent plus se payer quoi que ce soit, même dans le discount.

Démunis, privés de crédits conso, sans épargne et sans alternative, ils quittent les villes, rejoignent des zones de moindre densité ou, dans les cas les plus extrêmes, reprennent un lopin de terre comme c’est le cas en Grèce. La Grèce est assez avancée en matière de décomposition sociale et économique, et trois principaux phénomènes peuvent nous éclairer sur la trajectoire possible de cette crise:

a) Un exode financier sans précédent vide le pays de ses dernières richesses : Les plus informés, les plus riches et les plus mobiles placent l’argent qu’il leur reste à l’étranger et certaines sources estiment qu’entre 250 à 300 milliards d’euros ont déjà été transférés hors de Grèce.

b) Un exode des cerveaux vers des cieux plus cléments : avec un taux de chômage à plus de 15%, 70% des jeunes diplômés souhaitent partir à l’étranger.

c) Un exode urbain : Pour ceux qui ne sont ni assez diplômés, ni assez riches pour s’expatrier, il reste à se nourrir et à se loger dans un pays où l’indice des prix à la consommation a bondi de 250% en 2011, pour atteindre 4,5%

N’ayant peu ou plus d’argent pour payer leur loyer, leur forfait de téléphone, leurs fringues  de marque et encore moins pour régler les échéances de leurs crédits, une partie des citadins commence à fuir les villes.

Cet exode urbain touche pour l’instant environ 100 000 personnes (Sur 11 millions de Grecs), dont 40 000 Athéniens qui, selon la Fédération grecque des paysans, ont fait ce "choix" ces deux dernières années. Il est difficile d’estimer l’ampleur exacte du mouvement, mais on constate le même phénomène en Italie du sud, où selon "Le Monde" 580 000 personnes ont déjà quitté la région (Naples a perdu 108 000 habitants, Palerme : 29 000), et en Espagne où la jeunesse s'expatrie.

Est-ce un mouvement migratoire temporaire, touchant les pays ou les régions en difficulté ? Est-ce que cet exode urbain sera inversement proportionnel à celui qui a vidé les campagnes de leur substance durant les siècles précédents au profit des villes et de leurs promesses ?

Difficile de répondre à ces questions, mais à leur manière, les Grecs font leur révolution en sortant du système bien malgré eux, car ils ont épuisé toutes les options. Certains ont même décidé de sortir de l'euro de leur propre chef et sont revenus au Drachme, à l'instar de certains villages espagnol ou italiens qui ont repris leur ancienne monnaie. Ils sont à l'avant-garde de ce qui arrivera tôt ou tard à d'autres pays (et pas qu'en Europe...). Ces révolutionnaires d'un nouveau genre sont très nombreux et vident littéralement le modèle de sa substance, ils l’étouffent, l’asphyxient en ne consommant plus.

C’est une révolution par défaut : le défaut de la dette, mais surtout le défaut de solution pour les populations urbaines les plus défavorisées. Et cette déconsommation pourrait être d’une redoutable efficacité. Sans doute encore plus dévastatrice qu’un mouvement de contestation organisé, qu’une prise de la Bastille, et plus destructrice qu’une barricade et que des cocktails Molotov. 

Il est communément admis que la Grèce est le berceau de notre civilisation. Le point de départ depuis lequel des penseurs se sont interrogés sur les citées, la démocratie, les utopies, les systèmes politiques et la place de l’homme dans l’agora.

Prenons le pari, que la Grèce, au travers de la désurbanisation forcée qu’elle subit avant tout le monde, nous conduise à réfléchir sur la meilleure façon de transformer cette crise systémique mondiale en une multitudes d'opportunités locales capables de refonder un nouveau projet de société.

Peut-être que cette révolution par défaut permettra à certains
 de déterminer eux-même comment créer localement des solutions à taille humaine, fédérer les énergies et inventer demain, plutôt que de persister à déléguer leur citoyenneté au profit de propositions  centralisées d'où les individus sont exclus.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire